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Le salon prend forme

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Je poursuis tranquillement l’aménagement de mon nouveau condo. Le canapé en cuir, remplace désormais avantageusement mon vieux canapé -lit, acheté chez Brault & Martineau, il y a près de dix ans maintenant. Celui-ci a tout de même plus de classe et puis, depuis le temps que j’en voulais un en cuir, voilà qui est fait.

À la faveur d’une superbe journée ensoleillée, j’ai pris ce cliché, alors que les rayons du soleil pénétraient subtillement, entre les lattes des mes stores. L’effet étant plutôt joli, il aurait été dommage de ne pas vous en faire profiter. En plus, ça vous donnera une idée de ce à quoi ressemble le salon maintenant.

Mon premier voyage au Québec

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Le 4 août 2000, je partais pour mon premier voyage touristique au Québec. Impatient et en même temps fébrile, je partais pour une double découverte : la découverte du Québec, mais aussi du continent nord-américain. Près de cinq ans après ce premier voyage, j’ai eu envie de vous parler des péripéties qui se sont accumulées entre Paris et Montréal… Anecdotes…

C’était donc mon premier voyage au Québec, voici maintenant cinq ans jour pour jour. Vu que je voulais y rester quatre semaines (qui se sont finalement transformées en cinq semaines), j’ai cherché à faire des économies sur le vol… sans prendre tout de même de vols nolisés. Mon choix s’est arrêté sur US Airways, qui proposait un tarif intéressant (3 400 FF) pour un vol Paris-Philadelphie-Montréal, aller et retour.

Départ le 4 août sans encombres… arrivée à Philadelphie vers 15 h. Passage aux services d’immigration étasuniens, puis direction le hall B5 pour le vol Philadephie-Montréal.

L’avion devait décoller à 16 h 30. Assis à attendre le vol, je vois dans un premier temps qu’il y a un retard de 30 minutes. Normal… étant un habitué d’Air Farce et de feu Air Inter, je n’angoisse pas plus. Un retard sur un vol, c’est loin d’être exceptionnel.

Quelque 10 minutes plus tard, une des hôtesses d’accueil prend le micro est dit laconiquement que le vol est annulé… sans aucune autre précision.

Incrédulité parmi les voyageurs… on se regarde tous en se demandant ce qu’il peut bien arriver. Puis, voulant avoir quelques précisions, nous sommes une trentaine à nous avancer vers le comptoir. Là, nous nous faisons dire que le vol est annulé à cause du temps ! Rapide coup d’œil vers l’extérieur : deux gouttes sont en train de s’écraser mollement sur le tarmac ! Une Québécoise, à côté de moi, me dit qu’elle avait décollé une fois de Jean-Lesage (l’aéroport de Québec) avec deux pieds de neige… alors deux pauvres gouttes, vous pensez bien !

Bref… Le dialogue de sourds continue, et les hôtesses nous invitent à quitter les lieux en nous disant qu’un avion sera à notre disposition demain à 9 h 30… 9 h 30 PM !!!! (Il était 17 h.)

Là, comme pour tourner la lame dans la plaie, elle nous parle d’hôtels… mais qui seront tous pris vu que se déroule la fin de la Convention du Parti Républicain, ici-même à Philadelphie ! De toute manière, mon visa de transit ne me permettait pas de sortir de la zone aéroportuaire. Alors…

Pour une fois, j’étais heureux de retrouver quelques Français qui ne se laissent pas faire (et moi non plus d’ailleurs), et nous demandons un peu plus de service de la part d’une compagnie aérienne pour laquelle nous avons payé nos maudits billets ! C’est tout de même US Airways !

Le dialogue de sourds continue encore… L’hôtesse embarrassée, d’autres voyageurs derrière nous souhaitaient se faire enregistrer pour d’autres vols (nous bloquions, en quelque sorte, le passage)… bref, assez rapidement tout le monde commence à râler. Les Français et les Québécois du vol pour Montréal, puis les Ricains du vol pour Dallas qui ne pouvaient pas se faire enregistrer.

Vers 18 h, un gars en costume cravate avec une épinglette « US Airways » sur le revers de la veste s’approche de nous… Une huile sans aucun doute ! En plus, le gars parle un français assez correct ! Là, il nous dit de le suivre dans le hall principal et qu’il va s’occuper de nous.

Lassés par sept heures de voyage et par les discussions avec l’hôtesse, nous le suivons sans rien dire et il nous fait nous installer dans un coin. De là, nous les voyons à trois ou quatre, derrière un comptoir, à pitonner sur leurs ordis, à fouiller dans des papiers… bref, ils ont l’air de s’arracher les cheveux ! Ou alors, ils sont de bons comédiens…

Au bout d’une demi-heure, le gars revient en nous disant qu’il a peut-être une solution. Un vol Philadelphie-Burlington (dans le Vermont) est prévu à 22 h. De là, un bus (bus, retenez bien ce terme pour la suite) nous conduira à Montréal, qui se situe à deux heures de Burlington.

Qu’est-ce que vous croyez qu’on a fait ? On a accepté ! C’était soit ça, soit passer 27 heures dans l’aéroport de Philadelphie à dormir sur les accueillants sièges en plastique du hall B5 en comptant le nombre d’obèses qui passaient devant nous.

Là, nous avons commencé à être traités humainement. On nous remet des cartes d’appel afin de prévenir nos amis à Montréal, ainsi qu’un bon pour manger gratuitement dans l’un des restos de l’aéroport.

Il nous dit aussi qu’il allait s’occuper de nos bagages… et prend nos tickets d’enregistrement… J’aurai dû me méfier quand il a dit qu’il « n’y aurait pas de problème ». Enfin, ça faisait 20 heures que j’étais debout, on n’allait pas commencer à être méfiants.

Après un substantiel repas, dont j’ai oublié le contenu – mais on s’en fout un peu non ? -, je rejoins le hall je ne sais plus combien pour le vol Philadelphie-Burlington. Rescapés de l’aventure de l’annulation, nous étions aux alentours de 20 personnes.

Montés et attachés dans un vieux B707 qui tremblait de partout, avec les passagers qui rentraient à Burlington avec leurs achats sous les bras… on se serait cru dans un bus de banlieue… Nous finissons par décoller vers 22 h 30 je crois, pour atterrir à Burlington vers minuit.

Attente des bagages… qui défilent devant nous sur les tapis roulants. Je récupère un de mes sacs et attends ma valise… Au bout de 20 minutes, plus aucun bagage n’arrive. Je regarde autour de moi, sur les 20 personnes, cinq avaient l’intégralité des leurs.

Nous questionnons un employé : « Où sont passés nos crisse de bagages ?????? »… Réponse : « S’ils ne sont pas ici, c’est qu’ils sont à Montréal ! »…. Notre réaction :  » ??????!!! »

Ok… ce à quoi nous répondons : « Si nous, on n’a pas pu prendre ce maudit vol pour Mourial, comment ça que nos bagages ont pu s’y rendre ? »… Enfin bref… On laisse faire et nous attendons notre bus.

Après une petite attente, un gars avec un « Stetson » vissé sur la tête, des bottes de « Cow-boy »… manquait juste que les éperons avec le bruit « shling shling » derrière lui… s’approche de nous en marmonnant qu’il est notre chauffeur. Là, nos faces s’éclairent un peu malgré la fatigue.

Nous le suivons et attendons sur le quai extérieur de cet aéroport. Quelques minutes après, un pauvre van genre « Agence tous risques » à deux cennes stationne devant nous… On ne le croit pas ! C’est ÇA, notre ostie de bus ??? (et là vous vous rappelez du passage sur le fameux bus plus haut). Dans mon esprit, un bus, c’est un bus… pas une pauvre fourgonnette, aussi confortable soit-elle !

« Ne vous inquiétez pas, un autre arrive ! »… en effet, un autre van arrive avec une remorque à chevaux attachée à l’arrière pour mettre les… bagages ! Vous avez eu peur là ? ;o)

Bref… ce que nous voulions, c’est rentrer à Montréal ! Les 20, nous nous engouffrons dans les deux véhicules et c’est parti pour deux heures de galère. Je finis par dormir un peu en m’appuyant sur la ceinture de sécurité… pendant qu’un Québécois explique la route à John Wayne dont le cheval ne l’avait jamais mené jusqu’au Nord du lac Champlain ! Cow-boy, mais pas aventurier le gars !

Passage de la frontière… une femme qui nous accompagnait se fait prendre par les douaniers canadiens avec 10 cartouches de clopes alors qu’elle n’avait rien à déclarer… retard pour le paiement de l’amende.

Finalement, vers 3 h 30 du matin, nous arrivons à Dorval et de là, l’épais de chauffeur nous désigne l’intérieur de l’aéroport en nous disant : « Si vos bagages sont arrivés, ils sont là-dedans. »

Vous faites quoi dans ces cas-là ? Vous prenez vos affaires et vous foncez dans le hall de l’aéroport, bien sûr !

À l’intérieur, des dizaines de bagages attendaient, mais pas les nôtres ! Personne pour nous renseigner… vous pensez bien… à 3 h 30 du matin, y’a plus de vols ! Pourquoi quelqu’un serait resté là pour nous renseigner ???

Nous ressortons… et là, on se rend compte que l’ostie de cow-boy était parti pendant que nous cherchions nos bagages. Nous étions pognés là, comme des cons… Évidemment, pas de taxis… vu qu’y a plus d’avions, pourquoi des taxis seraient là à nous attendre ???

Heureusement… un char de la SQ finit par passer. Le policier s’arrête et descend de la voiture. À la vue des 20 égarés que nous étions, avec les traits tirés, un peu de bagages… il commence à rire : « Qu’est-ce que vous foutez-là à cette heure-ci ? »… Nous lui racontons un peu notre histoire et le v’là qui rigole encore plus le niaiseux !

Finalement, entre deux éclats de rire, il appelle sept ou huit taxis pour nous amener à Montréal.

Vers 4 h 30, j’arrive chez mes amis, qui m’attendaient depuis 18 h 30 (heure initialement prévue de mon arrivée). Je récupère ma valise le lendemain sans encombre…

Voilà mon premier voyage au Québec !… Par chance, le reste du séjour, lui, c’est très bien passé.

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