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Bon retour au pays !

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Lors de mes séjours en France, que cela soit des amis ou de la famille, on me demande parfois ce que j’aime du Canada. Ce qui me plaît et, sous-entendu, ce qui me retient ici.

C’est vrai que je pourrais dresser une liste assez volumineuse, des choses qui font que je ne pense même pas à repartir ou même simplement à m’installer ailleurs. Et même s’il existe aussi, et c’est bien normal, une liste des choses que j’aime moins, voire beaucoup moins, cela ne m’empêche pas de me sentir bien, ici, au Canada.

Et dans cette liste, quelque-chose de très simple, de très anecdotique même ! Quelque chose que beaucoup pourraient considérer comme parfaitement futile : l’accueil.

Je ne parle pas de l’accueil chez le voisin, ou dans les boutiques qui, même s’il est excellent, pourrait être le symptôme d’une arrière pensée teintée d’hypocrisie ou de mercantilisme. Non, je parle du premier accueil au pays.

Lorsque je suis arrivé ici en tant qu’immigrant, en septembre 2001, le douanier ainsi que l’officier du service d’immigration, ont tous deux eu la même expression, une fois les derniers contrôles effectués : « Bienvenue au Canada ! ». Un bienvenue au Canada qui était souligné d’un large sourire, qui sentait bon la sincérité. C’est peut-être un détail, je le conçois parfaitement bien, mais pour un immigrant fraîchement débarqué de l’avion, en proie à de multiples questionnements et incertitudes, ces sourires et ces « bienvenues », rassurent et soulagent… Enfin, c’est tout de même mieux que quelqu’un qui, derrière son comptoir, fait la gueule en attendant la fin de son service, non ?

Avant-hier, je suis revenu de voyage. Quelques jours passés en France voir famille et amis, puis le retour à Montréal.

Passeport canadien en main, je donne le formulaire de ma déclaration à l’Agence des services frontaliers du Canada… les douanes quoi ! L’agent, détendu, assis sur une chaise, prend mon formulaire et en voyant mon passeport, dit simplement : « Bon retour au pays ! », avec un sourire. Alternant avec les « Welcome back ! », à l’occasion, l’agent aura le même accueil avec tous les autres passagers.

Oui c’est futile. Mais bon sang que ça fait du bien ! Ça fait du bien de revenir dans un pays, qui n’a pas oublié l’importance des rapports humains et du respect d’autrui.

Est-ce que c’est toujours sincère ? Non, bien entendu. Mais qu’importe, c’est toujours plus agréable à vivre qu’une face de fonctionnaire parisien, juste payé à étamper des passeports à Roissy et qui a de la difficulté à sortir un simple « Bonne journée ! ».

Laurence Nadeau à RTL-TVI

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Laurence Nadeau est l’auteure du guide « S’installer et travailler au Québec« , qui en est à sa septième édition cette année. Elle est également, avec Laurent Gigon, la co-fondatrice du site internet « Immigrer.com« , qui est devenu la référence ultime dans le domaine de l’immigration au Québec et au Canada, et pour lequel j’ai eu le plaisir de collaborer durant quelques années.

Laurence était en entrevue pour la chaîne luxembourgeoise RTL-TVI, dans l’émission « Investigations ». En voici quelques extraits qui, évidemment, ne vont pas vous expliquer l’immigration de long en large, mais qui vont vous donner quelques indications élémentaires sur les pré-requis attendus, afin de pouvoir vous installer ici.

Suivez le XV de France à TV5 Canada-Québec

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Si, comme moi, vous aimez le rugby et que vous souhaitez suivre le XV de France même ici, au Canada, sachez que TV5 Monde retransmet le Tournoi des 6 Nations, ou comme je l’appelle, le Tournoi des 5 (+1) Nations.

Voici les horaires (heure de l’Est) :

Le pays du froid et des moustiques

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Pas facile de résumer le climat québécois dans un titre. Malgré tout, je trouve que cette toune de Lili Fatale illustre assez bien certains aspects et paradoxes que l’on retrouve ici.

À la faveur donc de l’arrivée des douceurs printanières, marquant par le fait même la fin des rigueurs de l’hiver, revenons un temps sur un sujet qui en inquiète plus d’un : le climat québécois. Évidemment, il sera question de l’hiver, mais cela serait passer totalement à côté du sujet que de réduire les questions climatiques à un simple épisode hivernal, aussi long soit-il.

Une première chose à bien avoir en tête : ici, il y a quatre vraies saisons. Quatre vraies saisons qui ont des durées variables, certes, mais qui provoquent de multiples transformations, voire de profondes métamorphoses du paysage. Rien à voir donc avec cet automne interminable, si commun aux latitudes parisiennes.

Deuxième chose très importante à connaître : le Québec, et l’ensemble du Canada, n’ont pas un climat tempéré comme en Europe occidentale. Pas ou peu d’influence océanique, exception faite de la région de Vancouver qui subit (le terme est choisi), une forte influence venant du Pacifique.

Lorsque l’on parle de climat « non tempéré », une idée préconçue consiste encore une fois à ne penser qu’à la saison hivernale, mais la réalité ne se limite pas à cela. Loin s’en faut !

Dernière chose, durant toute l’année, la durée d’ensoleillement à Montréal est largement supérieure à celle de Paris, y compris durant les mois d’hiver ! À bon entendeur…

Le printemps : en quatrième vitesse !

Commençons par le printemps, puis ça tombe bien, il vient de commencer depuis quelques jours. Oui, évidemment, si vous vous trouvez en Europe, vous vous dites qu’arrivé fin avril, il serait temps qu’il commence ce printemps !

Le printemps, c’est aussi le temps des sucres

Il se trouve que cette saison marque les premiers bouleversements climatiques de l’année. Arrivé vers la fin mars (début théorique du printemps), les températures parfois extrêmes de l’hiver font place à des journées froides, certes, mais qui paraissent tellement plus douces comparativement aux –20°C ou –30°C des mois de janvier et février. En clair, à quelles températures faut-il s’attendre ? Disons aux alentours de –5°/0°C, avec des pointes plus hautes et plus basses. La moyenne du mois de mars à Montréal est de –1°C (-4°C pour Québec).

Fin mars début avril (selon les années), on a parfois l’impression de revenir en arrière, de revenir à l’automne. La neige fond, laissant doucement apparaître les vestiges laissés derrière nous en novembre : feuilles mortes, herbe humide et brûlée par le gel. Et lorsque je dis « vestiges oubliés », je parle aussi des déchets parfois négligemment laissés entre deux tempêtes et les centaines de mégots de cigarettes, jadis fumés furtivement et frileusement par les employés de bureau pendant leurs pauses.

Bref, après cinq mois d’hiver, la nature poursuit sa décomposition interrompue par le gel et la neige. Odeurs d’herbe et de feuilles humides, de terre gorgée d’eau… tout ce qui rappelle l’automne donc. Mais cette sensation s’évapore très vite (le terme est bien choisi, vous ne trouvez pas ?), selon les faveurs du soleil, de plus en plus présent est surtout, de plus en plus efficace !

Arrivés donc en avril, les températures effectuent des allers et retours d’un côté et de l’autre du fameux et redouté point de congélation. Avril, c’est sans doute le mois où les écarts de températures sont les plus forts. En passant d’ailleurs, les grands changements de températures parfois constatés dans une même journée, est une autre caractéristique du climat québécois. Ainsi, il n’est pas rare d’avoir des températures de 20°C en avril, mais il n’est pas exceptionnel non plus d’en avoir aux alentours de –10°C. Il y a quelques années d’ailleurs, quelques jours après la tempête de neige pascale, les températures ont atteint les 28°C et nous sortions en manches courtes, tout en contemplant les tas de neige fondre… comme neige au soleil justement !

Écarts de température qui, au début et à la fin de l’hiver, provoquent souvent des vagues de contagions de rhume dans les entreprises et les écoles. C’est le climat des amplitudes thermiques extrêmes. C’est surtout cela, bien plus que de l’hiver, dont il faut vraiment faire attention. D’ailleurs, le moment où l’on entend le plus tousser dans les transports en commun, ce n’est pas en janvier ou février, mais dès qu’il y a des petits redoux et lorsque l’hiver touche à sa fin.

Pour revenir au mois d’avril, vous comprenez donc notre embarras lorsqu’on nous demande quelle est la température durant ce mois. La moyenne de 6°C pour Montréal (3°C pour Québec), ne veut vraiment rien dire !

Arrivé au mois de mai, cela se précise. On approche les 200 heures d’ensoleillement pour le mois (à Montréal) et les tables commencent à garnir les terrasses des bars et cafés. C’est aussi durant le mois de mai que les températures à Montréal dépassent celles constatées à Paris et dans la plupart des villes françaises. Avec le mois de juin, c’est sans doute le mois le plus agréable de l’année.

D’ailleurs, les températures constatées en juin à Montréal sont presque identiques à celles de la ville de… Nice !

L’été : l’autre saison des extrêmes.

Et voici donc l’été… Autre grand bouleversement ! Des températures chaudes, parfois même très chaudes, qui sont encore une fois identiques à celles de Nice. Différence de taille, l’humidité qui confère une toute autre impression. (Voir ma chronique : « L’été à Montréal« )

En effet, à la faveur d’un courant atmosphérique ayant pris naissance dans le golfe du Mexique, toute la côte Est des Etats-Unis, le Québec et la partie Est de l’Ontario se trouvent pris dans une masse d’air tropical extrêmement humide et chaude.

L’île Ste-Hélène, refuge des montréalais en quête d’un peu de fraîcheur

Il faut d’ailleurs savoir que lors des étés avec de bonnes chaleurs, l’humidité est un facteur aggravant pour le corps humain qui doit fournir beaucoup plus d’efforts pour s’adapter. Et là, les ventilateurs ne suffisent plus à se rafraîchir, car l’air doit d’abord être débarrassé de l’humidité. C’est pour cela que l’usage des climatiseurs est très courant, surtout en ville.

Malgré tout, ces périodes de chaleurs quasi-tropicales ne durent pas. Trois ou quatre semaines au plus, réparties tout au long de l’été. Heureusement, le soleil est très souvent présent. En août 2002 d’ailleurs, nous avions dépassé les 300 heures d’ensoleillement durant le mois !

Croyez-moi bien, c’est tout une adaptation ! … Autant l’hiver, quelle que soit la température, on peut facilement se réchauffer (habillement, habitation très bien chauffées…), mais l’été ? Difficile de trouver une parade à la chaleur moite sans utiliser un climatiseur. Et oubliez les soirées « fraîches »… Il y en a rarement en juillet et août !

Bien sûr aussi, qui dit chaleur et humidité, dit moustiques et « grosses bibittes »… Et lorsqu’on dit moustiques et bibittes, cela n’a rien à voir avec les petites bêtes que vous avez coutume d’écraser négligemment sur la terrasse de votre bicoque bordelaise… mais d’anciennes chroniques sur le sujet vous en diront bien plus sur ces encombrants visiteurs estivants.

Parures d’automne.

Après l’hiver, l’automne canadien doit être la saison qui éveille le plus l’imagination. Les immenses forêts rouges et or, le soleil bien présent encore et des températures qui fléchissent doucement.

C’est dans la première quinzaine d’octobre que l’on commence à sentir cette troisième métamorphose de l’année. Mais, tout comme durant le mois d’avril, le temps peut nous réserver quelques surprises : premières chutes de neige, ou températures estivales.

Sans doute l’une des plus belles saisons de l’année

D’ailleurs, c’est aussi durant cette période que peut se produire ce que l’on appelle « l’été des Indiens » (entre le début octobre et la mi-novembre). Oui, ici on dit « été des Indiens », même si tout le monde connaît bien l’expression plus française « d’été Indien ». D’ailleurs, expression que certains Québécois utilisent aussi parfois.

Tout d’abord, l’été des Indiens ne se produit pas de manière systématique. Pour avoir lieu, ce phénomène climatique doit satisfaire plusieurs critères. Cependant, n’oublions pas que l’été des Indiens n’est pas réellement scientifique, mais plutôt populaire. Les critères ne sont donc pas « coulés dans le béton ». Malgré tout, on entend parfois tout et n’importe quoi sur le sujet. Donc, pour mettre les choses au point, on considère que l’on vit un été des Indiens lorsque :

  • la période de temps exceptionnellement chaud suit une période de gel d’au moins 3 jours.
  • le temps est généralement ensoleillé.
  • il n’y a pas ou peu de précipitations.
  • les vents sont légers, de direction variable.
  • il peut y avoir du brouillard matinal.
  • les températures nocturnes sont près des normales de saison.
  • les températures diurnes sont plus élevées que la normale (environ 4 à 6 degrés de plus).
  • ces conditions doivent se poursuivre pendant au moins 3 jours.

L’été des Indiens dure généralement quatre jours et se produit le plus souvent entre le 1er et le 15 octobre. Le phénomène peut également se produire plus d’une fois durant l’automne, mais on peut aussi ne pas le connaître certaines années.

Mais lorsqu’on parle d’été des Indiens, il s’agit là d’un vrai retour de l’été, avec des températures de 25°C voire les dépassant (28°C le 17 octobre 1947 à Sherbrooke).

Alors, il est facile de comprendre que ce phénomène agit aussi sur la nature. D’où les couleurs particulières que l’on connaît tous.

Et cet hiver si… blanc !

Ah l’hiver ! Vous le savez, ma saison préférée ! Je la regrette déjà cet hiver qui s’est achevé trop vite, sans avoir beaucoup de tempêtes de neige. Malgré les ennuis que ça peu me causer, c’est un irrésistible plaisir que de vivre ces hivers québécois incomparables.

L’hiver commence donc en novembre. Même si, ces dernières années, on l’attendait encore en décembre. Malgré tout, c’est en novembre que les premières vraies averses de neige font leur apparition (en principe). Pas de températures bien froides, avec des minimales rarement en dessous de –10°C.

Au mois de décembre, l’épaisseur de neige commence à se constituer (surtout en région). Parfois un redoux, qui provoque de la pluie verglaçante, sans aucun doute ce qu’il y a de plus ennuyant durant les hivers au Québec. Ainsi, il n’est pas rare de se retrouver avec quelques millimètres de glace sur la voiture ou sur les trottoirs. Pas le choix de se déplacer lentement, de passer du temps à gratter, réchauffer et briser.

Au mois de janvier par contre, le froid est bien là. Là, et contrairement à ce que j’ai pu lire parfois ici, l’humidité ne joue presque plus aucun rôle. L’humidité n’accentue l’effet du froid qu’entre les –5 et +5°C… Pas plus bas. Ce qui agit vraiment sur cet effet de froid, c’est le vent !

La ville de Québec et sa parure hivernale

D’ailleurs, il est facile de comprendre qu’en deçà d’une certaine température, l’humidité de l’air se solidifie et les gouttelettes retombent au sol très vite. En 2003 par exemple, suite à l’arrivée d’une masse d’air un peu plus humide, des flocons sont tombés sur Montréal alors que le ciel était tout bleu ! Phénomène qui arrive occasionnellement, alors que le froid vif transforme l’humidité de l’air en une sorte de neige !

Donc, les mois de janvier et février peuvent connaître des températures très froides accentuées par le vent, très présent au Québec. Les fameux 100 jours consécutifs au-dessous de zéro degré, c’est bien plus qu’une légende. Il est même fréquent de connaître plusieurs journées de suite avec des températures maximales (j’insiste sur « maximales ») à deux chiffres, mais en dessous de zéro bien sûr !

Évidemment, tout est prévu pour l’hiver ici ! Depuis le temps, le Québec a pu s’adapter !… Mais lorsqu’il faut aller au travail, attendre le bus, faire ses courses, etc. par –20 ou –30°C, il faut se préparer et également s’adapter. L’hiver au Québec, c’est une affaire sérieuse !

Mais quelle beauté ! Quatrième métamorphose du paysage. On a l’impression de changer de ville, de changer d’environnement. C’est un vrai plaisir ! On guète la moindre averse de neige, on attend impatiemment le bulletin météorologique (qui est même diffusé dans les voitures du métro à Montréal), etc. Bref, on reste prêt à parer à toute éventualité en attendant l’arrivée du printemps…

NB : Ceci est une adaptation d’une chronique que j’avais écrite en avril 2004 pour le site immigrer.com

Une question d’attitude

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C’est au tour du journal La Presse, d’évoquer le problème d’intégration des Français, dans la Belle Province. Sous la plûme de Isabelle Hachey, l’on retrouve les traditionnels questionnements et doutes de certains immigrants.

Des immigrants Français, en six ans, j’en ai vu, j’en ai rencontré… lors des réunions d’immigrer.com, durant les tournages de l’émission « Le Nouveau Monde », à la job, etc. J’ai pu voir qu’il y avait des catégories, pas forcément très définies (et c’est tant mieux), mais bien réelles de Français. D’ailleurs, j’ai assez vite fait le ménage dans mes connaissances à mesure que je découvrais l’état d’esprit de certains… n’ayant pas la patience d’une Mère Thérésa pour remettre quelques désadaptés dans le droit chemin.

Avant d’immigrer, je lisais beaucoup les ouvrages de Michel Déon, un écrivain extraordinaire, qui a beaucoup voyagé et qui s’est installé en Grèce, puis en Irlande. Mais quel est le rapport me diriez-vous ?

Et bien j’avais retenu cette phrase de Déon : «Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter» … En lisant cette phrase, avant même d’immigrer, je me disais qu’elle symbolisait toute l’intégration et que je me devais de ne jamais l’oublier pour réussir à aimer le Québec.

Certes, je l’aimais déjà le Québec, mais l’on sait jamais comment l’on va réagir devant l’adversité. Aurais-je autant aimé le Québec si je n’avais pas trouvé d’emploi ? Aurais-je aimé le Québec si je m’étais senti exclu ? Des questions auxquelles je ne pourrais jamais répondre. Par contre, je me suis toujours dit que si j’apprenais à manger québécois, à boire québécois, à entendre chanter québécois, cela ne pourra que m’aider à me sentir ici chez moi, tout en apprenant de ma patrie d’adoption et en ayant conscience de ce qui s’est passé avant mon arrivée.

Or, certains Français ne veulent pas « manger », « boire » et « entendre chanter » le Québec. Ils ne veulent pas parce qu’ils prennent de haut cette culture. Parce qu’ils se sentiraient régresser s’ils adoptaient les mœurs et les coutumes du pays. Et ne me dites pas que cela n’est pas vrai, j’en ai rencontré pas mal de ce genre d’individus. Ils nous parlent de l’accent québécois, en le trouvant « marrant », mais que jamais ils ne laisseraient leurs enfants l’adopter… un peu comme les Parisiens snobinards qui regardent de haut le patois Cht’i, ou l’accent marseillais. Ces mêmes petits tarés, qui se permettent de sous-titrer un paysan picard, au journal télévisé d’un réseau publique (véridique).

Je parle de l’accent, je pourrais parler du monde du travail, où le « tout frais débarqué » va s’exclamer devant son patron que sa méthode de travail est incorrecte, que lui « sait » comment s’y prendre, parce qu’il sort de telle ou telle école parisienne.
Franchement, ça vous intéresserait, vous, de côtoyer ce genre de trou d’cul ? … Moi, même cinq minutes, c’est au-dessus de mes forces.

Et l’on revient encore et toujours aux mêmes constatations : tout le monde n’est pas fait pour immigrer. Chaque immigrant, et quelque soit le pays dans lequel il s’installe, connaît son lot de problèmes. Car nos sociétés de confort, la facilité des moyens de communication, nous font oublier que le déracinement n’est jamais facile pour un individu, ce n’est pas quelque chose de naturel ou d’évident.

Mais c’est d’abord et avant tout, une question d’attitude !!!

Les quelques frustrés qui polluent l’Internet de leurs délires d’inadaptés sociaux, disent régulièrement qu’ils passent pour des maudits français… Évidemment ! Ils tiennent à garder les Québécois à distance en créant, eux-mêmes, une frontière avec leurs interlocuteurs. Eux-mêmes parlent de « eux » (les Québécois), et de « nous » (les Français)…

En plus de six ans, personnellement, je ne me suis jamais fait traiter de maudit français. Et pourtant, maintenant que je pense bien connaître le Québec, je ne me retiens pas pour dire ce que j’aime pas ici… pour dénoncer la sociale-démocratie, la culture du déficit, etc. Mais, la grosse différence, c’est que mes phrases comportent toujours le fameux « nous »… je m’inclus dans cette société, non pas parce que j’aimerais en faire partie, mais parce que j’en fais partie ! Je vis ici, je paye mes impôts ici, je travaille ici… et que même s’il y a des problèmes que je dénonce, jamais je prendrais les Québécois pour des crétins, car cela serait comme m’en prendre à moi-même et que le mieux et encore d’essayer d’améliorer les choses, modestement, à mon niveau.

Lorsque vous lisez les inepties de ces quelques Français, avez-vous vraiment l’impression qu’ils font des efforts pour faire partie de cette société ? … Des efforts tangibles et durables j’entends, pas des affaires du genre : « j’ai essayé au début, mais après trois mois j’ai laissé tomber ».

Et c’est dans l’attitude face à l’adversité que mes fameuses « catégories de Français » ressortent.

Il y en a qui vont facilement baisser les bras. Et c’est vrai que loin de sa famille, de ses anciens amis, ce n’est pas facile, mais cela aurait été pareil dans un autre pays… Oui, l’immigration n’est pas facile. Mais certains, au lieu de montrer de la persévérance, du « chien », du courage quoi… vont se laisser glisser tranquillement… Et, à force de chercher un salut, vont parfois tomber sur le site immigrer-contact (et autres déversoirs de haine) et vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls à vivre difficilement une immigration. La bonne affaire ! On le sait que ce n’est pas facile !

… et là, ils retrouvent des discours de haine, d’auto-exclusion et cela les rassurent. Ben oui ! … Ils découvrent qu’ils n’ont pas à se remettre en question !… Ils découvrent que tout est de la faute de la DGQ, des Québécois… bref, des « autres ». Eux, ils sont Français, donc ils sont « au-dessus » de la masse.

Un grand ouf de soulagement pour ces quelques égarés et la spirale de la descente aux enfers commence… Ils se crinquent ensemble, tellement heureux de voir qu’ils ne sont pas seuls.

D’autres, la majorité en fait, ont bien conscience des difficultés de l’immigration et vont se retrousser les manches, même s’ils vont chercher de l’aide autour d’eux, aupès d’autres immigrants, auprès des services gouvernementaux… Cette démarche positive sera très souvent salutaire et leur désir d’intégration fera le reste.

Ben oui ! L’immigration n’est pas facile et des Français s’attendent à ce que cela soit des vacances juste parce que les Québécois sont chaleureux, et qu’ils parlent la même langue ! Ainsi, ils omettent les 250 ans d’histoire distincte, l’environnement nord-américain, le giron canadien… des détails vous pensez ?

Cela prend du temps pour s’intégrer et c’est vrai que cela prend des efforts… mais bien honnêtement, depuis quelques temps maintenant, je me sens avant tout Québécois… Québécois d’origine française, Québécois qui ne le sera JAMAIS à 100%, mais Québécois quand même. C’est ce que je ressens au fond de moi et je sais bien que je vais rencontrer des Québécois qui ne le verront pas forcément de cette manière, c’est normal… mais quelle importance ? L’importance c’est ce que je sens, ce que je pense, ce que je vis et non pas se qu’en disent les autres.

Oui, tout s’est bien passé pour moi… J’ai été chanceux ?… Pas sûr. Disons que je voulais ardemment faire partie de cette société et que j’ai toujours eu une attitude positive, même face à l’adversité. C’est ma personnalité… peut-être fais-je partie de ces individus qui sont fais pour l’immigration. Peut-être… seul l’avenir le dira. Parait-il qu’un immigrant connaît une « crise » vers les 10/12 ans de présence à l’étranger.

Mouais… mais pour moi l’étranger, c’est dès que je quitte le Québec !

Pour lire les articles de la Presse :

Immigration et idéalisation

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Vous en êtes tous bien conscients, que cela soit en tant que futur immigrant ou qu’en tant qu’immigrant accompli, si l’on décide de s’installer quelque part, c’est soit pour vivre une expérience, soit pour améliorer sa condition de vie. Soyons d’ailleurs réalistes, la plupart du temps on décide de changer de pays pour ces deux raisons. L’aventure, mais pas trop !

En effet, je ne connais pas beaucoup de monde qui souhaiterait immigrer pour voir leur condition de vie se dégrader. À moins d’avoir certaines prédispositions pour le masochisme, notre condition de vie est tout de même l’une des principales choses que l’on souhaite améliorer en quittant son pays d’origine.

Évidemment, selon d’où on vient, les variations peuvent être plus ou moins importantes. J’imagine que lorsque l’on vient d’un pays pauvre, ou en proie à une certaine instabilité politique, nos conditions de vie ici seront transformées, ce qui ne sera peut-être pas aussi flagrant pour un ressortissant de l’Europe occidentale par exemple. De plus, selon les individus, on ne recherche pas tous la même « transformation ».

Ce qui est assez unique au Québec, mais aussi au Canada, c’est que se sont des endroits où l’on peut satisfaire aussi bien ses aspirations aventurières, que son esprit casanier et citadin. Et même pourquoi pas les deux !

Alors, lorsque l’on attend la fameuse missive brune de l’ambassade canadienne (le visa), on se prend à imaginer notre vie là-bas, de l’autre côté de l’océan. Et lorsqu’on imagine, on pense inévitablement aux clichés ressassés des paysages canadiens et québécois. De ces étendues blanches et immaculées, de la Transcanadienne rectiligne qui fend l’épaisse forêt jusqu’à en rejoindre l’horizon. Bien sûr, on imagine aussi que cela ira mieux dans notre existence. Qu’on aura un bon travail, payé convenablement et que l’on sera rempli d’une grande sérénité, loin de certaines préoccupations qui mine notre petite routine.

Et puis il y a les amis et la famille. Ces personnes qui ne comprennent pas toujours les raisons et les motivations de votre choix. Et même pour ceux qui vous encouragent dans votre décision, il ne sera pas toujours inutile de tout de même leur expliquer vos raisons.

Il est clair à ce moment là que vous n’allez pas leur expliquer tous les défauts de votre futur lieu de résidence et les inconvénients d’une vie au Canada. D’ailleurs, il est bien rare de connaître les défauts avant de véritablement y vivre. À moins de se savoir frileux, auquel cas il y a un inconvénient qui vous viendra naturellement à l’esprit. En tout cas j’imagine !

Tout le monde n’est pas fait pour immigrer.

Sachant tout cela, où ce situe exactement la frontière entre l’idéalisation béate et le réalisme terre-à-terre de sa future expérience de vie ? Ne sommes-nous pas tous, à un moment donné, rendu coupables de dire ou même de penser que cela sera tellement plus merveilleux une fois rendu au Canada ? Ah ! Loin les soucis, loin la routine ! Notre vie va être littéralement transformée ! …. Peut-être que j’exagère un peu, mais à lire certains messages parfois sur le forum (nda : le forum du site immigrer.com), cela m’effraye presque. Car, même si le Québec et le Canada ont des avantages indéniables et que la vie ici peu pleinement satisfaire certaines personnes (j’en suis !), il faut aussi bien avoir en tête que tout le monde n’est pas fait pour vivre dans un autre pays que le sien. Tout le monde n’est pas fait pour le Québec ou le Canada.

De là, le risque de trop idéaliser son futur pays d’adoption est tout de même bien présent, mais ce phénomène peut aussi être assez compréhensif. En effet, l’attente peut être parfois grande, le désir de transformer sa vie peut être parfois fort, à tel point que l’on ressent ce besoin de se convaincre soi-même de la justesse de son choix.

Il y a aussi un autre élément à ne pas négliger. L’immigration n’est pas quelque chose de facile, on en a très souvent parlé : l’éloignement, le changement de vie et de carrière, l’adaptation puis l’intégration…. bref, des tas de choses qui ne sont, a priori, pas très naturelles pour l’être humain. Alors, comme pour se motiver dans les temps difficiles de la préparation au grand départ, certains peuvent être tentés d’idéaliser le Canada.

Cela ne serait pas spécialement dangereux si cela ne concernait pas leur propre avenir. Cela est dangereux dans le fait que l’on se heurte violemment, une fois arrivé, à la réalité qui n’est pas forcément celles des cartes postales et des guides touristiques. Réalité qui n’est pas forcément celle que l’on s’était imaginé et même approprié.

Dans les difficultés quotidiennes que revêt l’apprentissage de tout nouvel arrivant, se rendre compte que la réalité ne correspond pas à nos aspirations peut littéralement casser notre élan, briser la plus grande des motivations et plonger l’immigrant dans le doute, voire même le désespoir.

C’est souvent le conseil que je donne aux futurs immigrants : n’attendez rien de votre future vie au Québec, à part peut-être vous sentir mieux dans votre peau, car, c’est tout de même ce qui arrive dans la très grande majorité des cas. N’attendez rien ou plutôt, n’ayez pas d’attentes trop fortes et disproportionnées. Il est certain qu’ici vous aurez la sécurité, vous verrez ce qu’est vraiment le respect et la civilité, mais ne vous imaginez pas décrocher la job du siècle et devenir riche…. À moins de l’être déjà, bien sûr.

Et puis, même dans le meilleur pays au monde, on peut aussi se tromper. La réussite, c’est d’abord une affaire personnelle. La chance, on la crée. Son existence, on la construit et l’on en est le seul responsable, quel que soit l’endroit où l’on a décidé de poser sa valise. C’est d’abord une question de motivation et de tempérament…. mais ça, vous le saviez non ?

 

Cette chronique est une réactualisation de celle parue en mai 2004 sur le site immigrer.com.

Dans le « Courrier International »

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Sacrée belle surprise ! Alerté par courriel dans l’après-midi, j’apprends que mon blog apparaît dans l’hebdomadaire français « Courrier International ».

Autant le dire franchement, j’ai toujours considéré ce site comme un passe-temps. Un moyen de partager mes passions, mes humeurs, mais sans prétention aucune.

Ce site est un peu comme la feuille que je griffonne sur un coin de table, pendant une conversation téléphonique interminable. C’est un peu comme le cahier qu’Antoine Blondin ouvrait pour y laisser ses pensées, ses idées, ses réflexions, ses textes de chansons même ! Tout comme Antoine, j’y trouve « Un malin plaisir » (éd. La Table Ronde).

Alors qu’un hebdomadaire aussi connu que « Courrier International » parle de mon « griffonnage » virtuel, ça m’étonne un peu. Mais je n’en suis pas moins flatté !

Pour en venir au fait, c’est à l’occasion d’un dossier intitulé « Le Québec vu d’ailleurs », que Courrier International recense quelques sources d’informations sur la belle province, ainsi que des blogs d’immigrants.

Je cite :

La Grenouille Givrée
« Le parrain des bloguistes immigrés, Jean-Philippe, vit au Québec depuis cinq ans et peut disserter doctement sur son sport national, le hockey, ce qui indique un taux d’intégration élevé. »

Source de l’article : Courrier International

Même si je m’interroge encore sur l’appellation de « parrain », j’avoue que le commentaire est bien gentil. Si mon blog peut plaire à quelques lecteurs, j’en suis ravi !

Plus loin, l’on peut voir que la journaliste de Courrier International Marianne Niosi a du goût, puisqu’elle cite aussi deux autres de mes chums :

www.montrealamoi.com
« Isa et Tof ont fait le grand saut à Montréal en 2004, date de leurs premiers messages. Sur le ton « Le Québec raconté aux Français », leur site web répertorie notamment des clips de leurs médias québécois préférés. »

www.immigrer.com
« Où trouver un manteau d’hiver utile par – 30 °C et bon marché ? Que dire aux entretiens de sélection de l’ambassade du Canada ? La réponse à ces questions, et à bien d’autres, se trouve sur les forums de ce site créé par un Français expatrié. »

Bravo à Isa et Tof, bravo aussi à Laurence et Laurent ! Ça fait vraiment plaisir de se retrouver dans un même article !

Voilà donc la nouvelle de la journée ! Merci au « Courrier International », merci aussi à vous chers lecteurs !

Cinq ans

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Ça paraissait encore l’été… un beau grand ciel bleu semblait me souhaiter la bienvenue à Montréal. C’était il y a déjà cinq ans, c’était le 30 septembre 2001.

De cette journée inoubliable, je me souviens d’à peu près tous les détails. Du passage aux douanes, puis aux services d’immigration du Canada et du Québec, de mon arrivée sur le Plateau-Mont-Royal, de la découverte des gens qui allaient devenir mes colocataires durant un mois, des rires que j’ai pu avoir avec eux… mais aussi de la fatigue qui se fît assez vite ressentir.

C’était mon immigration… une immigration sans douleur, sans véritable obstacle et surtout sans grands regrets.

Voilà que cinq années se sont déjà passées. C’est vraiment impressionnant comment tout passe et s’enchaîne si rapidement ! Je ne vois plus le temps passer… l’automne arrive et je m’apprête déjà à vivre mon sixième hiver au Québec !

D’ailleurs, en parlant de saisons, je reste ébloui par les métamorphoses du paysage, qu’il soit naturel ou urbain. Cela est fascinant ! Il y quelques semaines, le thermomètre dépassait les 30°C, et d’ici quelques autres, c’est plutôt les -30°C que nous allons connaître (en tous cas, je le souhaite !).

Et durant ces métamorphoses, j’ai l’impression de changer d’endroit, de changer de ville… hier les festivals s’enchaînaient dans les rues de Montréal, aujourd’hui l’odeur des feuilles mortes embaume la ville entière, demain le silence des tempêtes de neige recouvrira la métropole. J’aime ces changements, j’aime le début de l’automne, j’adore l’hiver sec et froid, j’aime le printemps et le début de l’été… j’aime beaucoup moins cette chaleur humide parfois épouvantable des étés du Sud du Québec !

Je n’ai pas de bilan à vous livrer ici. Je n’aime pas trop parler de moi et je pense que l’heure n’est plus à faire des bilans. Tout ce que je peux dire, c’est que je me sens ici chez moi plus que jamais, et que même si le pays parfait n’existe pas sur cette terre, je me sens bien et épanoui dans cette ville que j’aime !

J’aime ma vie ici, j’aime mes amis, j’aime mon travail… j’aime le calme du Québec et des Québécois. J’aime cette sérénité communicative et cette atmosphère pacifique.

Et si c’était à refaire ? Je le referais sans hésiter une seule seconde !

Un autre chapitre commence

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Je me retrouve une dernière fois devant cette fameuse page blanche. Une dernière fois, je vais vous livrer ma chronique mensuelle. Je vois déjà certains pousser un soupir de soulagement « Enfin ! Ce n’est pas trop tôt ! ». D’autres auront sans doute quelques regrets.

Un peu comme tous les autres chroniqueurs qui ont, un jour, raccrochés leurs patins, je ne peux plus vraiment me considérer comme un « nouvel arrivant », alors que cela fait déjà trois ans que je vis ici. Je n’ai plus vraiment ce regard neuf et émerveillé, qui sied si bien à l’équipe des chroniqueurs du site. L’intérêt étant de renouveler les expériences, d’apporter des témoignages neufs et pris sur le vif des nouveaux venus. Ce qui m’émerveillait est devenu mon quotidien, ce qui m’étonnait fait maintenant partie de ma routine. Il y a toujours de la place à des surprises, mais il y en a beaucoup moins pour l’inspiration du petit chroniqueur que je suis.

Un bilan alors ?

J’aime à me rappeler certains moments de profonde béatitude, où je me prenais à rêver à mon futur pays, tout en écoutant une toune des Colocs ou de Charlebois. J’étais à Paris, mais déjà mon cœur se trouvait un peu plus à l’Ouest. Que de chemin parcouru et en si peu de temps ! J’ai parfois même l’impression de parler d’une vie antérieure ! Y’a t-il un psychanalyste dans la salle ?

Comme je le dis depuis longtemps, je suis heureux et épanoui au Québec. Peut-être pas vraiment plus riche, peut-être pas encore avec la job rêvée, mais avec un esprit beaucoup plus léger et un extraordinaire bien-être. Le Québec m’a apporté tout cela, et à mes yeux, il n’y a que cela qui compte vraiment.

Mon intégration, même si je doute qu’elle puisse se terminer un jour, est sur la bonne voie. Il reste encore des choses à faire, mais je me sens ici vraiment chez moi. En plus, chaque jour que je passe à Montréal me fait aimer encore plus cette ville. C’est étonnant de voir tant de diversité et l’on peut tomber sur des choses ou des personnages vraiment surprenants, au détour d’un simple coin de rue. Montréal a quelque chose de magique et, en plus, même si c’est une grande ville, j’ai du mal à vraiment la prendre pour ce genre de ville nord-américaine, impersonnelle et populeuse tellement Montréal est diversifiée et… humaine !

J’ai vraiment l’impression d’avoir été adopté par le Québec et je me fonds vraiment dans cet environnement. Cela fait environ deux ans que l’on ne me prend plus pour un « simple » touriste, à part peut-être quand je me retrouve avec la sympathique petite gang de nouveaux arrivants ! Ah ah ah ! Sérieusement, le vocabulaire évolue, peut-être aussi l’intonation des mots, l’accent français s’adoucit et aide, je crois, à passer pour un résident de Montréal, avant de passer pour le Français égaré dans ces fameux « arpents de neige », comme jadis le disait Voltaire.

Certes, on me voit et l’on me verra toujours comme l’immigrant Français, mais où est le mal puisque c’est la vérité ? Une bonne intégration ne signifie pas qu’il faille passer pour un Québécois, mais plutôt d’être en parfaite harmonie avec ce qui nous entoure. La difficulté, c’est d’arriver à trouver un juste équilibre entre le fait qu’on vous prend déjà pour un Québécois en France et que vous resterez un Français au Québec. Où suis-je vraiment ? Qui suis-je en fait ? L’immigrant ne serait-il pas un peu schizophrène ? Québécois certains jours et Français la plupart du temps ?

Pour ma part, je pense que le mieux et de ne même pas se poser de question et de tout simplement se laisser aller !

Reste pour l’intégration : une plus grande maîtrise de l’anglais, passer mon permis de conduire, acheter un char… ;o)

L’aventure immigrer.com

Le site restera toujours lié à mon immigration et, même si je l’ai découvert en cours de procédure, il m’a aidé à mieux connaître les habitudes québécoises et surtout, à comprendre comment ça se passait une fois « là-bas ». Les témoignages de personnes déjà au Québec m’ont été d’un grand support. C’est aussi pour cela que je serai toujours présent, à hanter le forum qui nous est tous cher. Il peut bien évoluer, changer, bouger… cela sera toujours une immense richesse pour ceux qui y sont, et ceux qui rêvent d’y être ! (Je parle du Canada là, pas du forum !).

J’ai aussi adoré écrire toutes ces chroniques (près d’une quarantaine !) et si cela a pu vous faire un peu connaître le Québec et les Québécois, l’objectif aura été atteint ! Cela aura été un véritable plaisir de répondre à l’invitation de Laurence, et d’écrire toutes ces chroniques, même si certaines d’entres-elles « fessaient un peu dans l’dash », je le reconnais !

Mon pari était de vous parler le plus souvent de sujets de fond : de l’intégration d’un nouvel arrivant, à l’hiver, en passant par la défense de la langue et le monde du travail. Car, il faut bien le dire, je ne me voyais pas vous parler de moi et de ma vie ici. J’aurai vite trouvé ça plate voire même carrément sans intérêt. Je vous ai parlé un peu du monde du travail à travers mon expérience, cela fût bien assez je trouve. De plus, le côté « tranche de vie » est déjà très largement exploité sur le forum et de manière talentueuse par d’autres chroniqueurs du site.

Il est vrai aussi que certaines chroniques étaient plus polémistes que d’autres. L’objectif était de provoquer des réactions, mais surtout de faire réfléchir sans forcément chercher à convaincre. Évidemment, lorsqu’on use d’un ton polémiste, on suscite rarement l’indifférence ! La grande majorité du temps, le monde était suffisamment intelligent pour voir quel était le but de ce type de chronique, mais surtout, qu’il ne s’agissait que d’une opinion personnelle. Évidemment, il y en a toujours deux-trois qui se trouvaient un peu dans le champ, poussant même le vice jusqu’à envoyer des messages (souvent privés) contenant pas mal de frustration et d’insultes… Sans doute cherchaient-ils volontairement la pomme de discorde ?

Mais qu’importe ! Tout cela n’est pas bien grave, d’autres chroniqueurs sont passés par là, et d’autres y passeront encore aussi. Il y a eu le chroniqueur « agité », il y a le futur-ex chroniqueur « abrasif », il y aura peut-être un chroniqueur « décapant », qui sait ? ;o)

D’un autre côté, il y a eu surtout beaucoup de plaisir, beaucoup de très intéressantes discussions suite à quelques-unes de ces chroniques, que cela soit sur le forum ou « en vrai ». Et même si certains me reprochaient parfois de trop m’autocensurer (suivez mon regard ah ah !), cela ne m’a jamais empêché de dire ce que je pensais. Non pas parce que j’ai la science infuse, non pas que je sois plus qu’un « simple immigrant », mais parce que mon avis de nouvel arrivant désireux de m’intégrer, peut en aider quelques-uns, mais aussi, comme je le disais plus haut, en faire réfléchir. Si vous avez vu mes chroniques d’une autre façon, c’est que vous n’avez pas vraiment compris ma démarche. C’est bien dommage.

Je remercie donc Laurence et Laurent de m’avoir donné toute cette liberté d’expression et toute cette amplitude pour exprimer ce que je souhaitais. Je ne sais pas si cela a toujours été simple à gérer, mais avec le recul, il y a eu parfois quelques réactions bien cocasses et presque que de bons souvenirs.

Maintenant que mon formulaire de demande de citoyenneté est en cours de remplissage et qu’il partira dans le courant du mois d’octobre, je m’apprête à débuter un nouveau chapitre dans ma vie (vous vous souvenez lors de ma première chronique, je comparais la vie à un ouvrage ?)… Continuant l’aventure de mon immigration, je continuerai à vous faire part de mes sentiments, de mes impressions, de mes opinions… mais cette fois, en tant que Franco-Canadien.

Il était temps que je m’arrête. Mon inspiration manquait vraiment ces derniers temps, de plus, j’aimerais me consacrer encore d’avantage à mon site culturel que j’ai un peu mis de côté durant l’été. Sans doublier aussi de profiter de la belle saison qui va s’en venir vite… et moi, quand je parle de « belle saison », je parle de l’hiver !

En conclusion :

Je voudrais tous vous remercier. Oui, tous ! Que cela soit les présents, les absents. Que cela soit ceux avec qui je me suis un peu chicané, que ceux avec qui je partage pas mal les mêmes idées. Que cela soit les grands rêveurs, que les terre-à-terre. Bref, toute cette communauté loin d’être forcément homogène, mais partageant un point commun : vouloir vivre au Canada.

Sachez aussi qu’il n’y a jamais rien eu de personnel et même si certaines de mes chroniques ou certains des débats entamés sur le forum ont été chauds, ou au ton provocateur, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour vous tous… Mis à part peut-être pour les adeptes des petites insultes, mais ils sont tellement rares et insignifiants, qu’ils ne cacheront jamais l’abondance de richesse dont vous faites tous partie.

Place maintenant à du sang neuf, à des chroniqueurs incisifs ou à des chroniqueurs plus mesurés, qu’importe ! Je sais qu’ils apporteront beaucoup, comme vous tous !

Non, ce n’est pas un adieu définitif, même si ça en a un peu l’air. Je serai toujours présent sur le forum (et sur les ondes de Fréquence Caribou, ou de Fréquence Orignal pour Peanut), prêt à aider, que cela soit d’une manière ou d’une autre. Je tenais juste depuis longtemps à vous dire tout cela, car le succès d’un site comme celui-ci, ce n’est pas simplement le fait qu’il puisse y avoir des administrateurs, des modérateurs et des chroniqueurs, c’est aussi parce que vous y êtes présents !

Alors bon courage à toutes celles et ceux qui veulent immigrer. Sachez que ce pays et ses habitants en valent vraiment la peine !

Et n’oubliez pas : notre vie, on ne la recommence jamais, on la poursuit ; il n’y a que la destination qui a changé !

Question de « parlure »

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Il y a un certain temps, j’avais parlé des 25 ans de la Charte de la langue française, plus connue sous le nom de ‘Loi 101′. Maintenant, je vais poursuivre un peu sur le sujet mais cette fois, en parlant plutôt du langage et de la manière de parler au Québec.

Avant toute chose, j’aimerais juste commencer par une mise au point. La langue québécoise est une réalité. Elle a sa propre existence et sa propre histoire. Elle n’a pas attendu l’arrivée des immigrants Français pour subsister, ni l’anachronique Académie française pour s’aligner sur les derniers ‘parisianismes’ à la mode. Le québécois est une variante du français, il faut le prendre comme tel et pas autrement. Il n’y a pas grand-chose qui m’agace plus qu’un Français (ou autre), qui va se plaindre à répétition de ce qu’il considère comme des ‘approximations linguistiques’. La langue québécoise a évolué seule durant plus de 250 ans, loin de Paris, loin de la France. Seule, elle a évolué et lutté pour sa survie. Il est donc bien normal qu’elle ait suivi parfois des chemins différents que le sacro-saint ‘français de France’.

Certes, il subsiste quelques problèmes au niveau de l’apprentissage de la langue. Comme partout, les systèmes éducatifs doivent s’adapter et se réformer. Les problèmes liés à la maîtrise de la langue en France sont aussi de plus en plus d’actualité selon les endroits et le type d’établissement. Des améliorations sont à apporter au Québec, mais cela ne se fera pas sans une volonté politique et populaire.

Le joual

Le joual est sans aucun doute l’un des aspects de la langue québécoise le plus connu. Le terme ‘Joual’ vient de la déformation du mot ‘cheval’ (le « v » étant prononcé comme le « w » de watt ou de Waterloo). D’ailleurs, le joual est avant tout une question de déformation des mots, ainsi que l’utilisation d’anglicismes. On pourra parfois entendre des individus s’exprimer de la sorte : « On est badloqué en maudit ct’été ! À chaque fois que j’va dewors, v’là qui mouille à boire deboute ! Ast’heure, fa pô mal trop frette pour prendre une broue sur la galerie, on va bientôt devoir faire partir le foyer ! ». L’utilisation d’anglicismes tels que « badloqué » (malchanceux), mais aussi les sonorités empruntées à l’ancien français « deboute », « frette », caractérisent le joual.

Rassurez-vous, le joual n’est pas employé dans la vie de tous les jours et, la plupart du temps, on rencontre les personnes parlant le joual à l’extérieur des villes. Par contre, après un certain temps, on commence à le comprendre un peu. Ensuite, cela peut dépendre de l’accent.

L’accent

Un peu comme en France, en Grande-Bretagne et dans beaucoup d’autres pays, vous serez confrontés au problème de l’accent. Car à l’instar de la France, il n’y a pas que l’accent de Céline Dion ou d’Isabelle Boulay au Québec, il y a une multitude d’accents différents qui peuvent parfois poser des problèmes de compréhension, même pour les Québécois pure laine !

Habitué à l’accent montréalais, vous serez un peu perdus en entendant l’accent gaspésien, ou encore, l’accent si particulier de la région du Saguenay – Lac Saint-Jean.

Il ne faut pas oublier aussi l’accent si particulier des jeunes ados qui, comme en France, ajoutent également un vocable original mêlé de nombreux anglicismes.

Faut-il s’intégrer par l’accent et la parlure québécoise ?
C’est très souvent une des préoccupations d’un certain nombre d’immigrants. Faut-il absolument essayer de « calquer » l’accent québécois pour être bien intégré ?

Soyons clairs tout de suite, immigrants de première génération, vous n’aurez jamais l’accent québécois. Un Québécois finira toujours par déceler une petite intonation française de France. Au mieux, vos interlocuteurs auront des doutes par rapport à vos origines. Certes, lorsque vous retournez dans votre pays, tout le monde vous dira, au bout d’un certain moment de vie au Québec, que vous aurez un accent québécois. Pour cela, il s’agira juste d’intonations, ou d’expressions spécifiquement québécoises que vous aurez assimilé, non pas du véritable accent.

En parlant d’expressions, sans forcément avoir l’accent d’ici, il est primordial de se mettre à la page. Il est certain qu’au début ça ne sera pas facile et que les Québécois vont s’amuser de vous entendre utiliser des expressions franco-françaises telles que « taff », « pile-poil » et tous les jurons si répandus en France. Mais il y a un moment, surtout au travail, où vous aurez envie d’être pris au sérieux sans forcément voir des sourires sur les faces de vos interlocuteurs. À ce moment-là, l’intégration par le vocabulaire sera très utile.

Tout comme la faute très française et, malheureusement, très répandue qui consiste à dire que l’on va « sur Montréal » à la place de dire « à Montréal ». Outre le fait que c’est une faute de français, cela trahira également vos origines. Comme quoi, il n’y a pas que les Québécois qui font des fautes ! À bon entendeur…

Imaginez maintenant un Québécois immigrant en France. Vous vous amuserez à l’entendre parler de « char », de « patente » ou de « mufler », de « pogner un flat »… mais, à un moment donné, il finira par utiliser les expressions locales. Déjà parce qu’il s’intégrera progressivement, mais aussi parce qu’il ne voudra pas toujours passer pour le Québécois de service qui fait sourire avec ses « drôles d’expressions ».

De la même manière, si vous partez vivre aux États-Unis par exemple, il deviendra judicieux d’utiliser les expressions locales courantes…

Un Français qui, au bout de quelques années, évite sciemment d’utiliser des expressions québécoises dans la vie de tous les jours, passera vite pour un réfractaire. En général, ce sont des personnes qui ont des difficultés d’adaptation et cela démontre un manque d’ouverture d’esprit, voire même d’intelligence.

Par contre, vu que nous parlons à l’origine, la même langue, on devient un peu confus lorsqu’il s’agit de retourner passer quelque temps en France. J’avoue que j’ai parfois des doutes quand à l’usage de certaines expressions et je me pose parfois la question de savoir si l’expression que je vais employer est française ou bien québécoise. Ce sont des situations assez curieuses je dois dire. L’autre jour, en parlant avec des amis Français, j’avais tout simplement oublié comment s’appelait le menu enfant « joyeux festin » du MacDo en France ! Le vrai blanc de mémoire… L’ironie, c’est qu’en France ils appellent ça un « Happy meal » !!!

Le vocabulaire québécois est assez simple tout de même, pas de grandes difficultés. Outres les anglicismes liés aux différentes tentatives d’assimilation des Anglais, mais aussi venant du vocabulaire technique (en particulier lorsque l’on parle de mécanique automobile), un certain nombre d’expressions viennent directement des premiers colons qui étaient, pour beaucoup, des navigateurs. Ainsi, on ne descend pas, on ne monte pas dans une voiture ou dans un métro, on embarque ou l’on débarque !

Pour nettoyer, on passe la vadrouille sur le plancher. Ou encore, on est bien greyé (gréé) quand on est bien vêtu. On ne range pas les objets, on les « serre »… car dans les bateaux, il fallait bien attacher le moindre objet rangé dans les placards, afin qu’ils ne se brisent pas selon les « faveurs » de la mer.

Il y a aussi le vocabulaire très imagé, tout en étant parfois à la limite de la familiarité, mais qui sont d’un emploi courant au Québec.

Mes favoris :

Pelleter la neige avant qu’a soit tombée : vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Garocher : lancer quelque chose (ou « se garocher » : tomber).
S’enfarger : se prendre les pieds dans quelque chose.
Se tirer une bûche : prendre une chaise.
Le pêteux : un peu vulgaire, signifiant les fesses.
Les cigarettes à plûmes : les cigarettes fabriquées par les autochtones.
Un robineux : un ivrogne, généralement un clochard.
Avoir de l’eau dans sa cave : se dit lorsqu’on a des pantalons un peu trop courts.

Beaucoup de termes qui peuvent parfois venir des anciens dialectes parlés dans certaines régions françaises. Surtout lorsque l’on parle du « T » prononcé à la fin de certains mots comme : icitte (pour ici), nuite (pour nuit), bouette (pour boue), être allé au boute (au bout)… Parfois, le « T » sera curieusement mis à la fin de termes qui n’en ont pas du tout. Les exemples les plus répandus : cette tomate est pourrite, ou encore, il fait frette cet hiver ! Sans oublier le « tickette », qui est une contravention : « Ça n’a pas d’allure ! J’ai pogné un tickette en m’en venant à job ! ».

Féminisation des termes

Beaucoup de termes anglais n’ont pas le même genre en France et au Québec. L’exemple le plus connu reste « la » job. Qui a tort ? Qui a raison ? Personne évidemment, puisque la langue anglaise ne définit pas les genres. De la même manière, on achète une passe de métro, on utilise une patch pour arrêter de fumer, une sandwich, on mange une Mars (le terme barre est sous-entendu, car on parle d’une barre Mars)… Sans oublier des fautes qui se sont infiltrées dans la langue comme : une belle avion, de la bonne air fraîche, etc.

Il est clair qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur la langue québécoise. Surtout ses expressions si populaires, mais vu que de nombreux sites et ouvrages en font mention, inutile de faire un catalogue qui serait, de toute façon, très incomplet.

Pour ma part, je laisse les choses aller naturellement. J’aime les expressions québécoises et je les assimile avec une grande facilité… pour ce qui est de l’accent, je ne fais pas plus d’effort pour garder mon accent de France que pour assimiler celui du Québec. Il est clair que plus vous serez ouvert sur votre environnement et sur cette superbe culture québécoise, plus il sera simple pour vous de vous intégrer… que cela soit par le langage que socialement parlant.

C’est bien beau d’être Français (je dis Français, mais je pourrais aussi parler des autres) et de vouloir préserver sa culture, mais c’est tout de même au Québec que nous avons choisi de vivre et de travailler.

Voilà, j’espère que vous avez eu du plaisir à me lire et que vous en savez un peu plus sur la parlure québécoise… Je vous donne rendez-vous pour ma prochaine chronique, le 15 septembre, vous verrez que cela sera une chronique bien particulière !

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