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Une question d’attitude

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C’est au tour du journal La Presse, d’évoquer le problème d’intégration des Français, dans la Belle Province. Sous la plûme de Isabelle Hachey, l’on retrouve les traditionnels questionnements et doutes de certains immigrants.

Des immigrants Français, en six ans, j’en ai vu, j’en ai rencontré… lors des réunions d’immigrer.com, durant les tournages de l’émission « Le Nouveau Monde », à la job, etc. J’ai pu voir qu’il y avait des catégories, pas forcément très définies (et c’est tant mieux), mais bien réelles de Français. D’ailleurs, j’ai assez vite fait le ménage dans mes connaissances à mesure que je découvrais l’état d’esprit de certains… n’ayant pas la patience d’une Mère Thérésa pour remettre quelques désadaptés dans le droit chemin.

Avant d’immigrer, je lisais beaucoup les ouvrages de Michel Déon, un écrivain extraordinaire, qui a beaucoup voyagé et qui s’est installé en Grèce, puis en Irlande. Mais quel est le rapport me diriez-vous ?

Et bien j’avais retenu cette phrase de Déon : «Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter» … En lisant cette phrase, avant même d’immigrer, je me disais qu’elle symbolisait toute l’intégration et que je me devais de ne jamais l’oublier pour réussir à aimer le Québec.

Certes, je l’aimais déjà le Québec, mais l’on sait jamais comment l’on va réagir devant l’adversité. Aurais-je autant aimé le Québec si je n’avais pas trouvé d’emploi ? Aurais-je aimé le Québec si je m’étais senti exclu ? Des questions auxquelles je ne pourrais jamais répondre. Par contre, je me suis toujours dit que si j’apprenais à manger québécois, à boire québécois, à entendre chanter québécois, cela ne pourra que m’aider à me sentir ici chez moi, tout en apprenant de ma patrie d’adoption et en ayant conscience de ce qui s’est passé avant mon arrivée.

Or, certains Français ne veulent pas « manger », « boire » et « entendre chanter » le Québec. Ils ne veulent pas parce qu’ils prennent de haut cette culture. Parce qu’ils se sentiraient régresser s’ils adoptaient les mœurs et les coutumes du pays. Et ne me dites pas que cela n’est pas vrai, j’en ai rencontré pas mal de ce genre d’individus. Ils nous parlent de l’accent québécois, en le trouvant « marrant », mais que jamais ils ne laisseraient leurs enfants l’adopter… un peu comme les Parisiens snobinards qui regardent de haut le patois Cht’i, ou l’accent marseillais. Ces mêmes petits tarés, qui se permettent de sous-titrer un paysan picard, au journal télévisé d’un réseau publique (véridique).

Je parle de l’accent, je pourrais parler du monde du travail, où le « tout frais débarqué » va s’exclamer devant son patron que sa méthode de travail est incorrecte, que lui « sait » comment s’y prendre, parce qu’il sort de telle ou telle école parisienne.
Franchement, ça vous intéresserait, vous, de côtoyer ce genre de trou d’cul ? … Moi, même cinq minutes, c’est au-dessus de mes forces.

Et l’on revient encore et toujours aux mêmes constatations : tout le monde n’est pas fait pour immigrer. Chaque immigrant, et quelque soit le pays dans lequel il s’installe, connaît son lot de problèmes. Car nos sociétés de confort, la facilité des moyens de communication, nous font oublier que le déracinement n’est jamais facile pour un individu, ce n’est pas quelque chose de naturel ou d’évident.

Mais c’est d’abord et avant tout, une question d’attitude !!!

Les quelques frustrés qui polluent l’Internet de leurs délires d’inadaptés sociaux, disent régulièrement qu’ils passent pour des maudits français… Évidemment ! Ils tiennent à garder les Québécois à distance en créant, eux-mêmes, une frontière avec leurs interlocuteurs. Eux-mêmes parlent de « eux » (les Québécois), et de « nous » (les Français)…

En plus de six ans, personnellement, je ne me suis jamais fait traiter de maudit français. Et pourtant, maintenant que je pense bien connaître le Québec, je ne me retiens pas pour dire ce que j’aime pas ici… pour dénoncer la sociale-démocratie, la culture du déficit, etc. Mais, la grosse différence, c’est que mes phrases comportent toujours le fameux « nous »… je m’inclus dans cette société, non pas parce que j’aimerais en faire partie, mais parce que j’en fais partie ! Je vis ici, je paye mes impôts ici, je travaille ici… et que même s’il y a des problèmes que je dénonce, jamais je prendrais les Québécois pour des crétins, car cela serait comme m’en prendre à moi-même et que le mieux et encore d’essayer d’améliorer les choses, modestement, à mon niveau.

Lorsque vous lisez les inepties de ces quelques Français, avez-vous vraiment l’impression qu’ils font des efforts pour faire partie de cette société ? … Des efforts tangibles et durables j’entends, pas des affaires du genre : « j’ai essayé au début, mais après trois mois j’ai laissé tomber ».

Et c’est dans l’attitude face à l’adversité que mes fameuses « catégories de Français » ressortent.

Il y en a qui vont facilement baisser les bras. Et c’est vrai que loin de sa famille, de ses anciens amis, ce n’est pas facile, mais cela aurait été pareil dans un autre pays… Oui, l’immigration n’est pas facile. Mais certains, au lieu de montrer de la persévérance, du « chien », du courage quoi… vont se laisser glisser tranquillement… Et, à force de chercher un salut, vont parfois tomber sur le site immigrer-contact (et autres déversoirs de haine) et vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls à vivre difficilement une immigration. La bonne affaire ! On le sait que ce n’est pas facile !

… et là, ils retrouvent des discours de haine, d’auto-exclusion et cela les rassurent. Ben oui ! … Ils découvrent qu’ils n’ont pas à se remettre en question !… Ils découvrent que tout est de la faute de la DGQ, des Québécois… bref, des « autres ». Eux, ils sont Français, donc ils sont « au-dessus » de la masse.

Un grand ouf de soulagement pour ces quelques égarés et la spirale de la descente aux enfers commence… Ils se crinquent ensemble, tellement heureux de voir qu’ils ne sont pas seuls.

D’autres, la majorité en fait, ont bien conscience des difficultés de l’immigration et vont se retrousser les manches, même s’ils vont chercher de l’aide autour d’eux, aupès d’autres immigrants, auprès des services gouvernementaux… Cette démarche positive sera très souvent salutaire et leur désir d’intégration fera le reste.

Ben oui ! L’immigration n’est pas facile et des Français s’attendent à ce que cela soit des vacances juste parce que les Québécois sont chaleureux, et qu’ils parlent la même langue ! Ainsi, ils omettent les 250 ans d’histoire distincte, l’environnement nord-américain, le giron canadien… des détails vous pensez ?

Cela prend du temps pour s’intégrer et c’est vrai que cela prend des efforts… mais bien honnêtement, depuis quelques temps maintenant, je me sens avant tout Québécois… Québécois d’origine française, Québécois qui ne le sera JAMAIS à 100%, mais Québécois quand même. C’est ce que je ressens au fond de moi et je sais bien que je vais rencontrer des Québécois qui ne le verront pas forcément de cette manière, c’est normal… mais quelle importance ? L’importance c’est ce que je sens, ce que je pense, ce que je vis et non pas se qu’en disent les autres.

Oui, tout s’est bien passé pour moi… J’ai été chanceux ?… Pas sûr. Disons que je voulais ardemment faire partie de cette société et que j’ai toujours eu une attitude positive, même face à l’adversité. C’est ma personnalité… peut-être fais-je partie de ces individus qui sont fais pour l’immigration. Peut-être… seul l’avenir le dira. Parait-il qu’un immigrant connaît une « crise » vers les 10/12 ans de présence à l’étranger.

Mouais… mais pour moi l’étranger, c’est dès que je quitte le Québec !

Pour lire les articles de la Presse :

Être Français au Québec

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L’anniversaire de la prise de la Bastille à peine passé, cela aurait été dommage de ne pas en profiter pour parler des Français installés dans l’ancienne Nouvelle-France. Ceci n’ayant rien de bien scientifique, il s’agira plus de parler d’impressions et d’opinions, comme à mon habitude d’ailleurs (je dis juste ça pour les rares qui n’auraient pas encore compris le principe des chroniques).

Alors, être Français au Québec à quoi ça ressemble ? Comment ça se passe ?
Il est clair, soyons francs, que l’immigrant Français au Québec est sans aucun doute l’immigrant qui a le plus d’atouts pour réussir sa vie ici. D’ailleurs, les récents chiffres publiés par le quotidien La Presse le prouvent, les Français au Québec sont ceux qui ont les meilleurs emplois et qui réussissent le mieux parmi l’ensemble des immigrants.

Mais est-ce bien surprenant ? Francophones dès la naissance, issus d’une société occidentale à l’éducation relativement comparable (j’ai bien dit « relativement »), les Français sont les immigrants qui se rapprochent le plus de la population locale. Attention cependant, le fait que nous nous rapprochons le plus des Québécois ne veut absolument pas dire que nous sommes pareils ! Loin de là ! Nous en parlons souvent, mais le fameux choc culturel que ressentent les Français au Québec n’est pas à négliger, même s’il est souvent moins important que pour des immigrants originaires d’Afrique ou d’Asie, par exemple.

Donc, pour réussir, les Français ont de bonnes cartes en main, le tout étant de bien savoir les utiliser. Un informaticien qui s’installe à Québec ne réussira pas forcément à obtenir une job, juste parce qu’il est Français, alors que les Québécois eux-mêmes ont beaucoup de mal à en trouver une fois sortis du grand Montréal.

D’ailleurs, en parlant d’immigrants, les Français sont-ils considérés de la même manière que les autres ? Même si j’ai un petit avis sur la question, il était plus juste de le demander à des collègues et à des amis Québécois. La réponse fut unanime : les Français sont vraiment dans une catégorie à part, rien à voir avec les autres immigrants. On m’a parlé de nos origines communes qui font que nous ne sommes pas tout à fait des étrangers, ou plutôt, les moins étrangers des immigrants.

De par ses liens avec le Québec issu de ses origines communes donc, les Français auront toujours une place à part, même si cela se traduit par un mélange d’amour et de haine qui a diverses causes.

Par contre, à de très rares exceptions près, un Québécois ne perçoit pas chaque Français forcément comme un « maudit Français ». On s’en rend vite compte en vivant ici, les Québécois n’ont pas beaucoup de préjugés et préfèrent, dans bien des cas, observer pour se faire leur propre opinion.

Tout est une affaire d’attitude et d’ouverture d’esprit. Il est évident que si vous vous sentez supérieur, que vous bousculez un peu les manières de faire ou de penser d’ici et que vous souhaitez étaler votre culture à tout bout de champ, sans qu’on vous le demande, vous allez vite vous retrouver avec cette fabuleuse étiquette de « maudit Français » qui sera bien méritée, croyez-moi !

Par contre, si vous vivez votre immigration comme un échange de richesses, du donnant-donnant en somme, cela se passera sûrement très bien. Concrètement qu’est-ce que cela signifie ?

Les Québécois sont curieux. Ils vont vous poser des questions sur vos origines, sur votre culture, sur les motivations qui vous ont poussées à venir au Québec… Ne cherchez pas des arrières pensées à ces questions, il n’y en a pas forcément (même rarement). Généralement, ils vont aussi vous raconter avec fierté, que leurs ancêtres viennent du Poitou, de Bretagne ou de Normandie. Vous parler va leur permettre de se rapprocher un peu de leurs racines. Pas étonnant, vu comme ça, que les immigrants Français soient un peuple bien particulier à leurs yeux.

Les Québécois vont donc en profiter un peu pour vous « sonder » et essayer de mieux vous connaître. À partir de là, ils pourront se faire une idée plus précise et vous inclure (ou non) dans la catégorie des « maudits Français ».

Il faut dire que pour un Québécois, un Français qui immigre au Québec reste un mystère (surtout si ce Québécois n’a jamais mis les pieds en France). La France, reste un rêve pour chaque Québécois qui se respecte. Parlez un peu de Paris, par exemple, et vous verrez votre interlocuteur vous dire qu’il aimerait vraiment visiter cette ville avec les yeux qui brillent. La France reste un pays occidental et développé ainsi, ils ne comprennent pas que l’on puisse la quitter pour s’installer dans un pays où il fait –30°C en hiver et qui n’a pas la beauté des villes européennes. Là, il faudra parler de ce que vous ressentez et de ce que vous cherchez ici.

Pour ma part, la mentalité québécoise, le climat et la manière de travailler sont des raisons suffisantes pour me faire aimer ce pays et y rester.

En résumé, mais cela est valable pour tous les immigrants, si vous êtes bien ouverts, que vous vous accommodez bien à la mentalité du Québec et que vous n’imposez pas vos us et coutumes aux autres, vous allez voir que vous allez être vraiment apprécié.

Chronique parue sur le site immigrer.com

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